La fragilité de Dieu, Espérance pour l’homme…

Pour beaucoup, la notion même de Dieu est d’abord associée à la puissance, à l’extraordinaire, au miracle. Pourtant, dès l’Ancien Testament, des indices sont semés pour nous conduire à nous départir de cette seule image d’un Dieu fort (cf 1R 19,11-13). Mais c’est par l’Incarnation que Dieu, définitivement, choisit de se dire dans la fragilité. Le Verbe se fait chair, Dieu se dit, se révèle en prenant notre condition d’Homme.

Il fait ce choix d’abord en s’inscrivant dans une généalogie qui peut paraître aussi cabossée que bien des nôtres. L’histoire sainte n’est pas une histoire de petits saints et la généalogie par laquelle Matthieu ouvre son évangile ne fait pas exception.

Dieu fait le choix de la fragilité aussi par les conditions de sa naissance. Ce qui est habilité à exprimer le divin est la petitesse d’un nouveau-né, hébergé dans un lieu pour les animaux, avec ce que cela suppose d’humilité, de vulnérabilité, d’absence d’accueil…

Il n’y a pas opposition mais affinité entre la fragilité et Dieu, entre la faiblesse de l’enfant et Dieu, entre cette situation de dépendance qu’est l’enfance et l’identité même de Dieu. La lumière de l’espérance vient briller dans la fragilité humaine, la libérant sans la détruite ni l’abolir, en s’accommodant à elle. Voilà la grande révolution dans l’idée même de Dieu qui nous est donnée par la naissance de Jésus. Un Dieu humble, modeste, qui se remet et se confie au soin des Hommes. Une distance est franchie, une frontière est abolie. Il y a loin en effet entre un Dieu qui agit dans l’histoire humaine en compatissant à la fragilité et un Dieu qui existe personnellement comme homme au milieu des Hommes.

Être disciple du Christ, c’est renoncer à limiter la portée de l’humanité de Jésus dans la connaissance que nous avons de Dieu. Nous sommes au contraire invités à découvrir que Jésus nous dit véritablement une parole neuve sur Dieu, un Dieu qui nous rejoint dans notre fragilité pour l’habiter de sa présence…

Tellement habitués que nous sommes à célébrer Noël, nous rendons-nous compte encore aujourd’hui de l’inouï de cette Bonne Nouvelle ! Alors réjouissons-nous !

Joyeux Noël !

Sr Marie-Laure Dénès, prieure provinciale

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